Alice Guy : de secrétaire à cinéaste

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Née en 1873 à Saint-Mandé (Île-de-France), Alice Guy a partagé son enfance entre la Suisse et le Chili avant de suivre sa mère à Paris. Grâce à ses études de sténographie, elle devient secrétaire de direction au Comptoir général de photographie, racheté par Léon Gaumont. Passionnée, elle apprend tout d’abord les techniques de la photographie. Puis sa curiosité est attisée suite à la projection privée des frères Lumières à laquelle elle a assisté en 1895.

 

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À cette période, les premiers films consistent essentiellement à filmer des scènes réelles de la vie quotidienne. Mais, influencée par les livres et le théâtre, elle souhaite y insuffler une dose de fiction. Aussi elle convainc Léon Gaumont de la laisser réaliser un premier film : La Fée aux choux (1896). Alors qu’elle n’était au départ pas autorisée à délaisser son travail pour ses essais, la confiance s’installe peu à peu et Alice Guy prend la direction d’un secteur de vues animées de fiction de Gaumont.

 

« Aujourd’hui, il est rigoureusement établi que, contrairement aux affirmations hasardeuses de certains spécialistes de la question, Alice Guy a réalisé sa Fée aux choux au début de l’année 1896, quelques semaines avant l’entrée en lice de Georges Méliès. »

Charles Ford, historien du cinéma

Pionnière sur de nombreux aspects, Alice Guy contribue à inventer les codes de la fiction au cinéma. En 1898 elle réalise le premier péplum du cinéma sur Jésus Christ qui rencontre beaucoup de succès et inspire notamment les concurrents de Gaumont. Quelques années plus tard, elle réalise les premiers films musicaux appelés « phonoscènes » avec l’aide d’un chronophone pour immortaliser le son.

chronomegaphone-gaumont-phonoscene_cinebaladeChez Gaumont, elle réalise de nombreux films : seule, puis avec l’aide de collaborateurs encore inconnus tels que Ferdinand Zecca et un certain Louis Feuillade. Ce dernier devient alors son protégé et son scénariste attitré. À son départ pour l’Amérique avec son mari en 1907, elle suggère à Léon Gaumont de nommer Louis Feuillade à sa place en tant que directeur artistique. Une promotion que ni l’un ni l’autre n’ont regrettée.

 

Aux États-Unis, le succès est considérable : elle y crée même sa société de production de films : la Solax Film Co. Après une carrière impressionnante, l’ancienne secrétaire devenue la première réalisatrice de l’histoire du cinéma tourne en 1920 son dernier film avant de revenir en France où, malheureusement, elle ne retrouva jamais ni carrière ni succès.

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