Marcel Aymé, portrait d’un provincial à Paris

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Écrivain prolixe et talentueux originaire de l’est de la France, Marcel Aymé (1902-1967) est un auteur truculent qui a su faire de l’humour et de l’ironie ses armes. Son œuvre, riche d’une vingtaine de romans (parmi lesquels les célèbres Contes du chat perché), de nombreuses pièces de théâtre, de dizaines de nouvelles, d’essais, de scénarios, alternant entre réalisme, satire et fantastique, a souvent été portée à l’écran.

 

Arrivé à Paris en 1923 pour y suivre des études de médecine, les débuts de Marcel Aymé dans la capitale n’ont toutefois rien d’évidents. Reconnu puis décrié, populaire mais controversé, Marcel Aymé le mal aimé n’aura cependant jamais voulu choisir entre l’univers rural et le monde urbain. Par conséquent, sa vie comme son œuvre en témoignent.

Petit provincial cornichon, pas plus doué pour les lettres que ne l’étaient alors les dix mille garçons de mon âge, n’ayant seulement jamais été premier en composition française (…) Je n’avais même pas ces fortes admirations qui auraient pu m’entraîner dans un sillage.

Marcel Aymé par Paul Vandromme (1960)

 

Marcel Aymé à la ville

avenue-junot-montmartre-parisNé le 29 mars 1902 à Joigny, dans l’Yonne, Marcel Aymé a vécu une enfance campagnarde avant de monter à Paris après son service militaire. Les origines rurales de ce Parisien d’adoption se retrouvent donc dans son œuvre, tant dans le décor villageois de certains de ses romans que dans sa façon de peindre comme un village le Paris où se déroulent ses autres romans et nouvelles.
Ce Paris, c’est celui qu’il habite, sur la butte Montmartre, préférant ainsi aux salons littéraires la compagnie des artistes et des gamins espiègles des faubourgs populaires. Le Paris de Marcel Aymé se vit donc à l’échelle du quartier, là où se tissent les relations de voisinage des petites gens… dont le quotidien vient parfois se teinter de fantastique.

 

Marcel Aymé à l’écran

Quoi qu’il en soit, si une adresse parisienne est à jamais associée au souvenir de Marcel Aymé, c’est sans nul doute celle du « 55, rue Poliveau ! », dans le 5e arrondissement, dans petite épicerie où s’organise le marché noir dans La traversée de Paris (1956).
Portée par Jean Gabin et Louis de Funès, cette formidable peinture du marché clandestin sous l’Occupation est désormais passée à la postérité. Sa célèbre réplique, « Salauds de pauvres ! », y est sans doute pour quelque chose

De son côté, la télévision, elle aussi, a vu fleurir plusieurs adaptations de nouvelles de Marcel Aymé. L’occasion par exemple pour Claude Brasseur (La bonne peinture, 1975) ou Jean Bouise (Les bottes de sept lieues, 1971) de nous offrir de savoureuses prestations, l’un en artiste bohème, l’autre en boutiquier farfelu et acariâtre dans le quartier de Montmartre que Marcel Aymé affectionnait tant.

Mais la palme revient sans conteste à Pierre Tchernia, qui aura adapté Marcel Aymé au petit écran à cinq reprises. Parmi quatre de ces opus, on retrouve aussi l’irrésistible compère Michel Serrault. En tonitruant passe-muraille (Le Passe-muraille, 1977) en premier lieu, mais aussi en huissier des plus intéressés (L’Huissier, 1991). Ou bien encore en une séduisante Héloïse se transformant à la tombée de la nuit (Héloïse, 1990) ! Cependant, c’est certainement avec La grâce que le sarcasme d’Aymé égratigne alors le plus mémorablement la vie de la petite bourgeoisie parisienne d’avant-guerre. Avec toujours, évidemment, en toile de fond, un XVIIIe on ne peut plus typique.

 

Le Passe muraille
Réalisé par Pierre Tchernia, avec Michel Serrault et Jean Obe, Antenne 2 (1977). Source : Ina

La Grâce
Réalisé par Pierre Tchernia, avec Michel Serrault, Antenne 2 (1979). Source : Ina

 

Marcel Aymé aujourd’hui

Toutefois, les temps ont changé, les années ont passé. Mais aujourd’hui encore, Montmartre garde ce je-ne-sais-quoi de drôle, de malicieux, de poétique. L’esprit et le souvenir de Marcel Aymé, en quelque sorte, s’incarnent donc désormais sur cette petite place au croisement de l’avenue Junot et de la rue Norvins, non loin du cimetière Saint-Vincent où celui-ci repose.

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